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Un fauteuil qui se déplace à l'oeil

A l’heure où les technologies se développent de manière exponentielle, des applications concrètes permettent de changer le quotidien des personnes qui en ont le plus besoin. Quatre étudiants de l’ESEO ont réalisé un fauteuil roulant électrique qui se dirige à l’aide des yeux, pour aider notamment les personnes atteintes de la maladie de Charcot, qui ne peuvent utiliser le joystick de leur fauteuil.

 

Vendredi 24 janvier 2020, le Forum Industriel des Projets de fin d’études bat son plein à l’ESEO Angers. Parmi les divers projets présentés, un projet attire un peu plus l’attention : un fauteuil roulant dirigé sans aucune commande physique, uniquement avec le regard. Dans le silence troublé uniquement par le moteur du fauteuil, Maxime se déplace, utilisant uniquement l’écran d’un PC posé devant lui, et ses yeux. A ses côtés, Victor, Alexis et Maël expliquent le fonctionnement : « Une commande oculaire Tobii 4C est reliée à un mini-pc Raspberry, qui pilote le fauteuil. Le plus fastidieux a été de décortiquer le code source qui pilote le fauteuil ! Ensuite la configuration des commandes a pris du temps. Pour être le plus précis possible, la commande oculaire est paramétrée selon le visage et les yeux d’une personne en particulier, c’est pour cela que c’est Maxime qui dirige le fauteuil. »

Parmi l’assistance, deux ergothérapeutes du C.H.U. d’Angers, et Valérie Montredon, présidente de l’association Dans le cœur de JM, qui œuvre à faire connaitre la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), également nommée Maladie de Charcot. Cette maladie dégénérative se traduit par une paralysie progressive des muscles impliqués dans la motricité volontaire. « Vous voir là, faire avancer le fauteuil sans bouger la main, c’est incroyable. Il fallait que je le dise. »

 
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Si les familles utilisent des outils tels que des capteurs optiques pour communiquer avec les malades, aucune technologie en France ne permet à ce jour de se déplacer ; quelques tentatives existent à l’étranger mais rien de disponible facilement pour le grand public. C’est le CHU d’Angers qui a mis en contact l’association et l’ESEO ; œuvrant régulièrement sur des projets de recherche communs, les deux établissements ont récemment signé une convention de partenariat sur des projets de recherche biomédicaux, avec le partenariat d’Angers French Tech. « En novembre 2017, l’association nous a présenté ce projet, explique Patrick Albers, enseignant-chercheur à l’ESEO. La difficulté a été de trouver la main d’œuvre ! »

 
 
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« En général, les projets sont proposés par des entreprises. Là, l’intérêt humain nous a séduit ». Avant de se séparer pour partir chacun en stage de fin d’étude, les quatre étudiants tenaient à boucler cette première version du projet. Avec une nouvelle équipe pour prendre la suite ? « Ces étudiants ont travaillé sur un projet fou, c’est un travail très précieux, ce n’est que le début. C’est un espoir, il faut faire vivre ce projet ». Chaque année les étudiants de l’ESEO présentent un projet de qualité professionnelle qui permet de valider leur cursus, au sein de l’option technologique choisie, ici les options Systèmes Embarqués et Logiciels et Données. Embarquer une caméra afin que l’utilisateur voit où il va, ajouter des capteurs ou une connexion wifi sécurisée… les idées ne manquent pas et l’année scolaire 2020-2021 permettra sûrement à un groupe de s’atteler au projet. L’appel est lancé !

Le site de l'association

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